Par Jacques Beetschen, à Paris, le 8 février 2010
Avec Dante’s Inferno, Visceral Games réalise, pour la première fois, un jeu à l’intérêt contestable. Car derrière cette libre adaptation de la Divine Comédie du poète Dante Alighieri se cache un beat them all classique, directement inspiré par God of War. Pire, toutes les ficelles du titre phare du studio de Santa Monica sont ici reprises ! Cependant, si récemment Darksiders avait su plagier, avec brio, diverses mécaniques de jeu à des softs variés, Dante’s Inferno, lui, plagie, mais sans grande conviction. Le plaisir passé des joutes avec le charismatique Kratos devient alors très lointain.
L’autre grande différence avec God of War se situe dans la technique. Graphiquement, Dante’s Inferno est l’un des jeux les plus décevants de la PS3. Pour faire simple, si certains effets n’étaient pas rajoutés, le jeu de Visceral Games aurait des allures de projet PS2 survitaminé. A côté de cela, la jouabilité est parfois énervante du fait d’un placement agaçant des caméras (dommage qu’il ne soit possible de les bouger), la difficulté est très mal réglée (le mode normal est parfois anormalement difficile et le mode facile n’a que peu d’intérêt), et le travail sonore manque de finesse. Il est notamment étonnant que le silence ne soit pas plus présent durant l’aventure. Les thèmes musicaux et le bruit des armes alourdissent l’atmosphère musicale, faisant chuter le sentiment d’angoisse qui aurait pu se créer. Pour conclure sur les points négatifs, le design des créatures et du héros manquent le plus souvent d’originalité, de force, ou de bon goût. Une indifférence se développe à l’égard de certains monstres, tandis que d’autres prêtent à sourire. La patte artistique « malsaine » du studio est aussi visible. Et très clairement, elle ne plaira pas à tout le monde.
L’unique aspect (et pas des moindres) où Dante’s Inferno mérite vraiment le coup d’oeil concerne le travail esthétique réalisé sur les environnements. Vulgairement, le dernier jeu de Visceral Games a de la gueule. Si certains décors sont plus réussis que d’autres, il faut saluer dans l’ensemble l’audace de ce jeune studio de s’être lancé dans pareille entreprise. Et de ce point de vue, celle-ci est plutôt réussie. La qualité de l’expérience réside ainsi grandement dans cette découverte (de six-sept heures en mode « Normal ») de nouveaux lieux où suintent la souffrance et les « pêchers » humains. Seul regret d’importance, et faiblesse du genre beat them all : l’aventure est d’une très grande linéarité et s’avère assez répétitive. Les scènes de plate-forme sont rares, et les moments de réflexion encore plus. Mais surtout, la structure globale du level design est loin d’être aussi satisfaisante que l’esthétique. Réside ainsi une impression dérangeante de parcourir des niveaux qui se suivent, au lieu d’avoir le sentiment de se plonger progressivement dans un monde construit, et complexe. Dans ce sens, Visceral Games, malgré sa proposition de quelques rares instants vidéoludiques à vivre, montre aussi à travers ce Dante’s Inferno ses actuelles limites créatives.
VERDICT : PAS MAL
Ce test a été réalisé sur PS3.
Dante’s Inferno, développé par Visceral Games et édité par Electronic Arts, est disponible sur PS3 et Xbox 360. A noter qu’une version PSP existe également.
Technologie AdFever
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Disponibilité
Prix total (port inclus)
Disponible en stock
30.07




















8 février 2010 à 20:32
#1
Mouais, pas convaincant alors. Vu le nombre de bons jeux en ce moment, on ne vas pas se ruiner un peu plus avec ce jeu. Thanks !