La véritable interrogation se trouve dans cette question après deux heures de preview, jouée à quatre en coopératif, en compagnie de Borderlands, le nouveau projet de Gearbox Software, qui succède au décevant, mais non moins dénué de qualités : Brothers in Arms : Hell’s Highway. Le studio américain est-il donc arrivé à représenter un monde en déchéance ou propose t-il « seulement » une grande expérience coopérative dont le gameplay lorgne entre classicisme et modernisme ?
Plongé dans un univers apocalyptique en vue à la première personne, le joueur devait, avant de démarrer ses quêtes, choisir son personnage parmi quatre propositions (du sniper au bourrin), chacun possédant tous une habilité spéciale (comme lancer un oiseau enragé sur l’ennemi ou encore créer une tourelle automatique de défense !). Une fois ce « choix cornélien » effectué, le monde de Borderlands, et ses vastes cartes, se dévoilait. Premier étonnement : le jeu est clairement orienté action. Même si chaque personnage de par leur spécialisation amenait à la création de « mini-stratégies », le jeu demandait avant tout une certaine habilité avec la manette (la preview est écrite à partir d’une expérience de jeu sur la Xbox 360). Second étonnement : la présence importante de points d’expérience (pour débloquer des compétences). Pour faire court : Borderlands est donc un FPS / Jeu de rôles, qui cherche à se servir des qualités de ces deux genres ! Venons-en ainsi au point le plus important : l’immersion dans ce monde en ruines, où les monstres rôdent, en recherche de proies, et où les rares humains vivants chassent, eux-mêmes, ces prédateurs comme des bêtes sauvages.
S’il est impossible de juger de la qualité scénaristique, il est déjà certain que Gearbox Software a bien fait de changer de style graphique. Quittant le domaine réaliste (l’éloignant ainsi du Rage d’id Software) pour proposer un monde en cel-shading soigné et élégant, Borderlands se démarque déjà de la concurrence par son identité visuelle. L’autre domaine où il semble réellement se distinguer concerne son ambiance sonore. Chaque thème choisi est en accord avec l’image. Mieux, chacun des morceaux sublime l’expérience. Imaginez la scène : accompagné de trois amis, vous avancez dans une plaine désertique. Au loin des éoliennes usées ont cessé de tourner, de la fumée s’échappe du décor. Soudain, des monstres apparaissent, dont certains êtres évoquent le design et les mouvements frénétiques du BioShock de Ken Levine. Les munitions manquent. Il faut alors courir. Et à cet instant-ci que la musique joue son rôle. Rythmée, inspirée par des sonorités africaines, elle impose une certaine vision de Borderlands. A l’écoute des courts mais intenses solos de guitare, dont l’atmosphère évoque parfois Neil Young, le paysage virtuel inventé par Gearbox trouve une identité, une identité singulière.
L’envie de se plonger dedans est réelle et il est indéniable que ce premier contact, en coopération, a été très positif. Alors certes, quelques points noirs, techniques, sont à noter tels qu’une intelligence artificielle des monstres loin d’être élevée et une conduite de véhicules (heureusement qu’ils sont là à la vue de l’ampleur des cartes) peu évidente au début, mais l’essentiel est là. Borderlands est un projet singulier.
La principale question réside finalement sur son expérience en solo. Il serait en effet regrettable que le titre ne puisse se savourer en solitaire compte-tenu de l’ambiance proposée. Il faudra également juger de l’esthétique à long terme, afin de voir si celle-ci surprendra ou non et sera créatrice, comme avait su le faire, en 2007, 2K Marines avec BioShock, de véritables instants visuels. Car les mécaniques de gameplay, bien qu’originales dans cette alliance de deux genres phares, ne pourront pas porter tout le projet sur leurs épaules.
Borderlands, développé par Gearbox Software et édité par 2K Games, est attendu sur PC, PS3 et Xbox 360 pour le 23 octobre prochain.














